Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

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Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Ven 24 Fév - 9:41

Erin ... Evil Erin. C'est souvent la seule chose que vous entendrez, si encore elle a envie de vous le dire. Elle ? Juste elle, ni angélique, ni diabolique, une femme il parait, une mercenaire c'est sur, pour beaucoup un profil de "monstre" mais en fait, tout cela elle s'en fiche.

Vous voulez la connaitre ? Armez vous de patience. Vous ne voulez pas ! Passez votre chemin, elle n'en a que faire.


[hrp : Evil Erin existe IG. J'ai connu le feu il y a longtemps alors qu'il était unique, que de chemin parcouru Very Happy ]
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  Mortel le Ven 24 Fév - 14:14

Bienvenue à Toi!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Comment vas tu?
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  Arthus le Jeu 1 Mar - 18:20

P'tain, on confie le pouvoir à n'importe qui franch'ment!
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Dim 11 Mar - 6:50

Tirée vers les méandres obscures d'une autre vie, livrée de nouveau à elle-même, une proposition lui ai faite pour la seconde fois, elle a l'odeur de la mort, et comme elle ne croit pas au hasard, cette fois-ci elle accepte.

Jetée sur les rives de l’indécision, il lui faut revoir ses choix, engendrer la séparation finale, et pour cela, se battre. C'est l’obscurité qui l'attend, le gout acre du sang, le sien comme celui des autres, mais cela vaut mieux que cette pitié qui l'envahi et la relance chaque jour.

Ne vous mettez pas en travers de la mort d'un autre, même par amour, sinon ... c'est votre propre vie que vous perdrez ...

Evil Erin quitte le feu ....
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  Elyséa le Dim 11 Mar - 8:27

Ely la voyait partir tête haute, visage triste et se dit...Un feu sans Erin? Est-ce un feu?
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  Nellia le Dim 11 Mar - 9:49

Assise contre l'arbre comme à son habitude, le visage sombre à peine visible sous la capuche, l'Infernale resta là. Les derniers mots d'Erin à son attention avaient plongé la jeune femme dans une profonde inquiétude. Elle savait qu'il s'était tramé quelque chose et comprenait le choix d'Erin.

Elle se maudissait intérieurement que les femmes attachent tant d'importance aux hommes qu'elles aimaient, elle se maudissait elle-même d'être comme Erin.

Les deux jeunes femmes se connaissaient à peine, et les dernières conversations avaient été paisibles presque "amicales". Erin était Erin, avec ses qualités et ses défauts, mais la chose que retiendrait l'Infernale serait sans aucun doute la "droiture" de la blonde assassine.

Un murmure s'échappa d'entre les lèvres purpurines alors que le vent s'engouffrait dans la capuche pour dévoiler les traits tirés d'une nuit agitée.."bon voyage.."
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Sam 17 Mar - 10:19

Ces quelques jours, ou semaines à présent, avaient filé à une vitesse fulgurante, le village infâme où je me trouvais n'avait qu'un seul intérêt et pourtant, il me fallait le quitter. Lui, pour Lui j’étais encore là mais ce soir je lui avais dit que je partais ... Mettre une vraie distance entre nous parce que de toute façon, même dans ses bras, il me semblait à des lieux de moi.

Instinct de survie et Chantebrume, les deux seules choses sur lesquelles je pouvais compter. Les derniers rayons d'un faible soleil de fin d'hiver venaient de s’éteindre, il me fallait prendre la route, et cependant le premier me soufflait sans arrêt les mêmes mots, depuis que j'en avais pris la decision : *tu vas y passer, ma belle, tu le sais ...*
Je marchais depuis quelques heures deja, il n'y avait aucun bruit, pas un cri d'oiseau nocturne, à peine une brise qui remuait d'un mouvement régulier les branches en bourgeons. Les cailloux du chemin roulaient parfois sous mes pieds, et me faisaient sursauter malgré moi, mon esprit n’était pas là, je serrais les dents, il fallait que je me concentre ... impossible ... seuls ses derniers mots dans cette taverne vide tournaient en boucle dans ma tête.

La douleur fut fulgurante, je baissais lentement les yeux sur le morceau d'acier qui dépassait de mon épaule, juste au dessus de mon cœur, et j'eus l'impression de voir le visage poupon de ma fille se refléter dans la lame. Ma main se porta par réflexe à ma hanche mais je ne réussis pas à dégainer mon epee, celle dans ma chair fit un retrait aussi rapide que son intrusion et je poussais un cri. Pourquoi était-ce encore plus douloureux lorsqu'on vous l'arrachait ... Mon sang gicla en avant, se répandant sur ma chemise, vite, bien trop vite, et délaissant la poignée de mon arme, je portais ma main à ma blessure, illusion qui pouvait arrêter l’hémorragie.
A ce moment là, je ne sais ce que cru mon agresseur, mais pour faire bonne mesure, le second coup se porta sur le coté de mon crane. Je sentis mes dents s'entrechoquer, ma vue se troubla soudain, la douleur fit un vague aller-retour dans tout mon corps pour finir par se perdre dans les limbes de mon inconscience.

La mort était si proche, je l'avais cherchée si souvent, cette nuit elle me cueillait de la façon la plus minable. Dernier murmure ou dernier souffle, peu importait, il se perdait sur mes lèvres, personne ne serait là pour le retenir et s'en souvenir.


Garret ... non ...
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Dim 18 Mar - 17:39

Combien de temps s’était écoulé depuis la chute vertigineuse vers le néant ? Aucune idée. Étais je morte ? Aucune idée. Enfer ou Paradis ? Surement un compromis des deux lorsque des mots parvinrent jusqu’à mon esprit.

Doudiou !! Qu'est ce que c'est qu'ca encore ?!

Diable ou Dieu, il avait une drôle de façon de m'accueillir le bougre. D'accord, j’étais pas toute rose, même pas du tout, et malgré les morts que comptait ma lame, j’étais loin d’être un monstre sanguinaire et sans âme. Quel qu'il soit, si il ne voulait pas de moi, il n'avait qu'a me renvoyer de là d'où je venais ! Prière exaucée ?

L'homme me retourna assez violemment, de la longueur de son pied, et l'humus collé sur ma figure s’échappa par petit paquet. L'odeur se dispersa, ma respiration n'en fut que plus faible, le moindre effort me coutait en secondes de vie. L'ombre s'abaissa vers moi, une main frôla ma gorge, je sentis se mêler dans ma bouche le gout de mon sang à celui de la terre riche et humide sur laquelle je reposais.


Merde, elle est vivante ....

Bah, si ça le faisait chier, il pouvait m'achever aussi !

Vous m'entendez ? Vous pouvez parler ?

Parler ? Mais pour dire quoi ? Il voyait pas que j’étais en train de crever, cet imbécile !! L'autre con, qui m'avait attaquée de dos, s’était fait la malle, avec rien puisque je n'avais rien sur moi, il n'avait même pas pris mon arme, il m'avait juste frappée pour le plaisir de frapper ! Et celui là me demandait de parler ... Les hommes étaient à bannir de l'humanité, je vous le dis moi !

Une lumière traversa mon esprit, je ne savais pas que le jour s’était levé entre temps et que ce n’était qu'un rayon de soleil qui passait la barrière de mes paupières. Je revis, dans cette lueur, un jour où je ne devais pas avoir plus de 6 ans, les cheveux courts, habillée comme un garçon et trainant une drôlesse de quelques années de moins derrière moi. Je ressentais l'envie que j'avais eu à ce moment là de la frapper, saleté de gamine qui était née pour me pourrir l'existence !

Ce fut le seul effort que je pus fournir, râler contre ma sœur, avant que le froid me recouvre à nouveau. Le Diable ne m'aurait pas pour convive aujourd'hui encore, il faisait bien trop froid pour les flammes de l'enfer.


Alizee ... la chipie ...
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Lun 19 Mar - 10:05

Je n’étais plus qu'un sac de blé, voila que j’étais devenue après ma mort, un simple sac en toile pour stocker les grains. Sur que j'aurais préféré être réincarnée en quelque chose de plus gratifiant, mais visiblement on ne choisissait pas ! Il faudrait que je me souvienne, à la prochaine réincarnation, d'engueuler celui qui faisait la distribution des rôles ! Non mais ho !!

Le sac fut donc jeté sans ménagement aucun à l’arrière de la charrette, transporté sans plus de confort à travers les cahots des routes et chemins, puis de nouveau chargé sur une épaule pour être livré au silo ... Ah non ! Au couvent !
Bordel ! Heureusement que j’étais inconsciente, sinon j'aurais pris mes jambes à mon cou, mais là, impossible, le voile noir ne se soulevait pas, tout se passait hors de mes perceptions délirantes et je n’étais plus rien, rien qu'un sac sans vie.

Des murmures, des chuchotis, homme, femme, ils m’agaçaient, je voulais partir, il fallait que je retourne à ... Mais ... Mais j'y étais, et je ne le savais même pas.
Soudain la voix de l'homme disparue et une nuée de femmes se mirent à voleter autour de moi, des sensations désagréables, même douloureuses, et ce vertige qui revenait sans cesse me prendre. Leurs mains comme des fourmis, actives, précises, mais pas du tout délicates, s'acharnaient à me déshabiller, nettoyer, panser. Je ressentais la douleur mais ne pouvais pas l'exprimer, inerte que j’étais, ou presque. Mon corps tremblait, tressautait, mais je ne pouvais crier, hurler, qu'elles me fichent la paix, qu'elles me laissent crever dans ma douleur, mais le pire n’était pas encore passé.

Le son d'une lame qu'on affute réveilla en moi l'instinct qui m'avait fait défaut la veille au soir, le bruit passait et repassait lentement dans mon esprit, incisif, tranchant, froid, et un sourire intérieur chassa pour une seconde la brulure de mon épaule. Soigner le mal par le mal, on en etait surement là ! Et pourtant ...


*Non !!! NON !!! Pas mes cheveux !! Non, bordel de Dieu !! Foutez moi la paix !!!*

Je l'imaginais plus que je le ressentais, mais ces garces de nonnes (puisque c'est ce qu'elles étaient) venaient de me tondre le coté droit de la tête, mon crane à vif se mit à hurler toutes les injures connues de par le monde. Des mains encerclèrent mes membres, un coude appuya sur ma poitrine si fort que je ne pouvais plus respirer, plus un centimètre de mon corps ne pouvais bouger et là ... le mal infini, la torture la plus démoniaque, les trépanations que devait infliger l'inquisition, tout n’était rien à coté de ce qu'elles me faisaient endurer pour tenter de ressouder les deux parties de mon cuir chevelu. Insoutenable, inimaginable, je sentis les larmes chaudes couler de mes yeux et mon esprit s’évada alors de ce crane perforé pour oublier ... tout oublier, si cela avait été possible ... Le grand vide obscure me rattrapa a nouveau pour me prendre dans ses filets.
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Mar 3 Avr - 9:29

Il fait sombre ... Pourquoi d'ailleurs il fait toujours sombre dans les cauchemars ?

Parce que c'est un cauchemar, c'est la nuit, pas plus compliqué !

Ta gueule ! On t'a rien demandé !

Il fait sombre, je marche d'un pas vif, dans ... une foret ? Ça ressemble plus à une suite d’élévation de ruines, un terrain accidenté, des ombres qui m'encerclent, m'oppressent. Une brume se lève, froide, elle me glace le sang, ou peut être que mon sang ne coule deja plus dans mes veines, figé dans son mouvement, je sens mon corps alourdi sous son poids.


    Je tourne encore et encore dans mon lit, tous les muscles de mon corps sont tendus à l'extreme, j'ai presque la sensation de souffrir.


Il y a du bruit, beaucoup de bruit, des cris, des gémissements, je continue d'avancer sans savoir où me conduisent mes pas, sans même savoir où je vais ni pourquoi j'y vais. Seulement j'avance ! Je sais que je dois y aller !

Soudain une forme se dresse devant moi, par réflexe je passe la main dans mon dos pour attraper Chantebrume mais ma paume se referme sur le vide. Quoi ?? Non !! C'est impossible ! Mon epee ne me quitte jamais ! Un instant je perd pieds, où est-elle ? Je serre des dents je sens la colère monter en moi, celui qui a osé le paiera, et cher, très cher.
Et comme si une force invisible surgissait de nul part pour faire face à cette colère qui m'envahit, je sens un choc dans ma poitrine et je me retrouve le cul par terre à plusieurs mètres de la chose qui ne semble pourtant pas avoir bougé.


Bordel ! C'est quoi ce truc !

Un long rire grave semble résonner entre les arbres et les ruines, il m'entoure, j'ai la sensation que les ruines resserrent leur étreinte autour de moi. Je me lève d'un bond, pousse de mes deux mains contre la force invisible pour me rapprocher de l'ombre maléfique.

Tu as perdu Evil, tu as perdu !

Et le rire d'augmenter, de continuer de résonner dans ma tête comme des coups de marteau, mes deux mains sur mes oreilles, je sens la douleur, la souffrance, comme si ce rire déchirait ma tête en deux.


    La couverture roule à mes pieds, les poings serrés sur le drap, j'enfonce mes ongles dans mes paumes jusqu'au sang. Aucun de mes sommeils n'a jamais été aussi agité, je gémis faiblement alors que je voudrais crier mais je ne peux pas.


Haletante, presque à portée de mains de la vision cauchemardesque, je distingue son visage un instant. Non ! Non, c'est impossible, pas lui ! L'image disparait pour laisser place à une tête de mort, les orbites sombres me fixent, je les sens sur moi. Je tente de résister, de soutenir ce regard de mort, jusqu’à ce que la nausée me prenne.

Âmes maudites, âmes déchues, jamais ne seront rendues !

Je le vois grandir, encore et encore, il se transforme en arbre, mort lui aussi, des branches noires, comme carbonisées, se tordent dans tous les sens. J'ai l'impression juste une seconde qu'elles forment des lettres ... Je secoue la tête et ferme les yeux avant de les rouvrir, les nausées se transforment en vertiges, tout bouge, bascule, je tend les mains en avant pour me retenir à un mur autour de moi lorsque les branches de l'arbre se ferment sur quelque chose ... Non, sur quelqu'un ... Lui.


    Il faut que je me réveille, c'est impossible, c'est juste un rêve, un mauvais rêve. Réveille toi, bordel de merde !!!


Je me jette alors en avant, la rage au ventre, la peur ancrée dans le cœur, l'esprit bouillant de colère, je refuse que cela finisse ainsi ! C'est alors que la brume devient blanche, une étrange lueur se forme au dessus de moi, je voudrais lever la tête mais je ne peux détacher mes yeux du corps sans vie que retient le monstre. Une douleur lancinante fouille mon ventre, j'ouvre la bouche pour crier mais aucun son ne sort d'entre mes lèvres, seul un long filet de sang rouge écarlate glisse au coin de ma mâchoire, unique trace de couleur dans ce monde sans vie. Mon regard se baisse enfin pour découvrir la branche qui me transperce de part en part.


    Je sursaute dans mon lit, ouvre les yeux, le souffle court, la bouche sèche, je regarde autour de moi sans pouvoir percer la pénombre. Un hoquet de peur me ramène à la réalité, je serre mes genoux sous mon menton, les encerclant de mes bras, et me met à psalmodier son nom, sans relâche, sans espoir. Finissant par enfouir mon visage entre mes bras, je pleure. Larmes futiles, inutiles, inacceptables, mais incontrôlables .....
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Dim 22 Avr - 8:39

Il est si difficile d'avouer que l'on a peur !

Même si il n'y a qu'une crainte, une seule ! Même si on est fort, riche ou puissant ! Cette peur annihile tout, elle vous ronge de l’intérieur, elle vous détruit petit à petit, vous conduit aux pires folies ... Ah oui ... La folie, déjà définie un jour, comme une conduite hors du contrôle de la raison !

Rejeter la faute sur les autres devenait un choix possible, facile, il évitait de reconnaitre sa peur, de l'affronter mais ça n’était que repousser pour mieux sauter, et le saut je venais de le faire. A deux pieds joints au cœur de l'enfer !
J'avais perdu la raison, hors contrôle parce que j'avais décidé de suivre mon cœur, imbécile, immature, un cœur fragile et inexpérimenté, ébréché déjà par des mois de guerre puis de frustration. Et cette nuit, il avait explosé en milles morceaux, rejeté, détruit, piétiné, tout ça par ma faute, la faute à cette peur qui me hante, qui me pousse sournoisement aux extrémités les plus impensables, cette peur de sa mort qui le tiendrait définitivement loin de moi.

La douleur, la peine, l'abandon m'avaient plongée dans l'obscurité de quelques heures de sommeil morbide. Lorsque mes yeux s’étaient rouverts, j'avais compris que la nuit ne cesserait plus, qu'il me fallait accepter pour toujours l'ombre à la lumière.
Le souvenir de ce pressentiment me revint. Je m’étais cachée derrière Arpiel dans l'ombre de l’orée du bois, loin de la lumière du feu, sentant que quelque chose arriverait, quelque chose de terrible, que ma peur finirait par avoir raison de moi, et ce pressentiment était devenu réalité, triste et fatale réalité.
Le hasard n'ayant jamais eu de place dans ma vie, ma disparition devenait urgente, si ma raison continuait de me combattre ainsi, contre un cœur païen et sans foi, alors elle me conduirait à la mort ... Mais pas sans me battre, non, Chantebrume à ma main, je ne laisserais pas la mort me vaincre sans lui donner le change !
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Sam 5 Mai - 12:21

Quelques extraits (parfois légèrement adaptés) des lettres de Merteuil, les Liaisons Dangereuses de Laclos.

Hommage à ma chère ennemie et où Valmont se reconnaitra.

    Revenez, mon cher "Valmont", revenez: que faites-vous, que pouvez-vous faire dans une ville morte dont toutes les joies vous sont substituées? Partez sur-le-champ; j'ai besoin de vous. Il m'est venu une excellente idée, et je veux bien vous en confier l'exécution. Ce peu de mots devrait suffire; et, trop honoré de mon choix, vous devriez venir, avec empressement, prendre mes ordres à genoux: mais vous abusez de mes bontés, même depuis que vous n'en usez plus; et dans l'alternative d'une haine éternelle ou d'une excessive indulgence, votre bonheur veut que ma bonté l'emporte [....]

    Savez-vous, "Valmont", pourquoi je ne me suis jamais mariée? ce n'est assurément pas faute d'avoir trouvé assez de partis avantageux; c'est uniquement pour que personne n'ait le droit de trouver à redire à mes actions. Ce n'est même pas que j'aie craint de ne pouvoir plus faire mes volontés, car j'aurais bien toujours fini par là; mais c'est qu'il m'aurait gênée que quelqu'un eût eu seulement le droit de s'en plaindre [...]

    Ou vous avez un rival, ou vous n'en avez pas. Si vous en avez un, il faut plaire pour lui être préféré; si vous n'en avez pas, il faut encore plaire pour éviter d'en avoir. Dans tous les cas, c'est la même conduite à tenir: ainsi, pourquoi vous tourmenter? pourquoi, surtout, me tourmenter moi-même? Ne savez- vous donc plus être le plus aimable? et n'êtes-vous plus sûr de vos succès? Allons donc, "Valmont", vous vous faites tort. Mais, ce n'est pas cela; c'est qu'à vos yeux, je ne vaux pas que vous vous donniez tant de peine. Vous désirez moins mes bontés que vous ne voulez abuser de votre empire. Allez, vous êtes un ingrat. Voilà bien, je crois, du sentiment! et pour peu que je continuasse, cette lettre pourrait devenir fort tendre; mais vous ne le méritez pas. [....]

    Au vrai, vous accepter tel que vous vous montrez aujourd'hui, ce serait vous faire une infidélité réelle. Ce ne serait pas là renouer avec mon ancien amant; ce serait en prendre un nouveau, et qui ne vaut pas l'autre à beaucoup près. Je n'ai pas assez oublié le premier pour m'y tromper ainsi. Le "Valmont" que j'aimais était charmant. Je veux bien convenir même que je n'ai pas rencontré d'homme plus aimable. Ah! je vous en prie, si vous le retrouvez, amenez-le-moi; celui-là sera toujours bien reçu. [....]

    Signé : Celle même qui serait tendre et sensible, qui n'existerait que pour vous et qui mourrait enfin d'amour et de regret , et qui pourtant n'en serait pas moins sacrifiée à la première fantaisie [....]
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Lun 7 Mai - 10:59

    Elle est morte, j'te dis !
    Mais non, elle est juste blessée ..
    Morte, t'es con ou tu le fais exprès !
    Bah .. D'toute façon, on la connaissait pas ...

    Vous allez la fermer, bordel !!


Cachées à l’orée de la foret, les trois formations hétéroclites patientent, bien malgré elles, bien malgré l'envie qui tiraille chacun des "hommes" qui se trouvent là. Je jetais un œil aux deux abrutis à mes cotés et décidais de contourner l'arbre afin d'avoir une legere distance avec l'origine des bruits, puis je m'accroupis au pied de l'arbre.
Je ne le sens pas ... Quelque chose ne tourne pas rond dans cette histoire ...

Un morceau de pain apparait dans ma main qui sort de ma besace et je me met à grignoter en silence, concentrée sur mes pensées. D'abord celles de la bataille, mais l'inaction me fait vite dévier vers des chemins plus intimes, plus persistants, j'essaie de percer l’obscurité du regard, voir si je reconnais quelques uns des visages qui se dissimulent à mes cotés.

Les heures passent, aucun signe, aucune directive, un léger grondement monte entre les groupes et soudain le repli, l’incompréhension. Trois jours que nous sommes prêts, trois jours que l'on aurait du en finir, et au lieu de cela ... Repli ...

Je me glisse jusqu'à la rouquine dont les cheveux étincellent sous les reflets de la lune.


    C'est quoi c'bordel, bon sang !
    J'en sais rien ma belle, on rentre c'est tout ...


Mes émeraudes brillent presque autant que sa tignasse. Que de temps perdu, que d’énergie gaspillée, que de chances laissées à l'ennemi !!

De retour en ville, les tavernes n'ont pas encore ouvert, le jour est encore tardif et je décide de dormir quelques heures. L'esprit encore occupé par un souci de la veille, je dégote une bouteille de gnôle qui finira par mourir à mes cotés dans le lit.
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Mar 8 Mai - 18:45

Seconde nuit. Au moins, personne n'avait claironné la retraite, c'etait déjà ça. Nous nous étions à nouveau dispersés sous les murailles de la petite ville, qui semblait toujours aussi inoffensive. Dans mon groupe, celui de la rouquine, nous nous étions tous regardés en silence avant d'avancer entre les arbres et de nous accroupir en attendant le signal.

    Ne vous endormez pas, c'est pas vraiment le moment de piquer un roupillon.


L'avait de l'humour la cheftaine, je jetais un regard à sa petite fleur mauve à mes cotés, prête à en découdre comme quinze, et lui sourit doucement, un air de "tout ira bien" sur les lèvres.
Le silence semblait omniprésent, il ne nous parvenait même aucun son, pas le moindre murmure de la ville, tout paraissait endormi, voir mort. Mais c'eut été trop beau ...


    Erin ...
    Chut ...


Mon doigt sur la bouche, je regardais la jeune femme à cotés de moi, lorsque le cri parvint à nos oreilles.

    AU CORPS !!!!


Tous, comme un seul homme, nous nous relevâmes, les épées érigées en charge, la nuée sortie de l'ombre de la foret pour se ruer sur l’armée légale qui venait de se positionner devant les portes de la ville.
Éclats, cris, des ordres parfois mais surement pas de notre coté, je frappais encore et encore, sans y penser plus que ça, repoussant les assauts les uns après les autres, n'ayant le temps d'aucune feinte ni de parer convenablement, je me battais le souffle court. Il était évident que nous étions en sous-nombre, qu'il suffisait d'un rien pour que la chance tourne de leur coté, mais je me rendis vite compte que les Spadassins portaient fièrement leur nom.

Finalement, les deux camps se retirèrent presque d'un commun accord muet, chacun ramassant ses blessés, un peu moins par chez nous, la rage au ventre nous ayant apparemment protégée.
Demain ... Demain serait un autre jour, mais avant j'avais besoin d'un verre et de pousser une gueulante sur la désorganisation ambiante. Faites chier ! Je suis pas venue pour crever bêtement !!!
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Mer 9 Mai - 9:13

Je pourrais leur dire : Voyez ! Qui avait raison ? Qui vous a mis en garde ? Il serait facile de leur prouver que je n’était pas qu'une blonde mais que mon expérience de mercenaire était bien là et qu'ils auraient pu, du en tenir compte ! Que j'ai horreur de ces "blancs" qui vous utilisent des bras rien que pour leur boucherie d’idéaux !!!

Retour sur cette troisième nuit !

Le soir en taverne, la petite fleur mauve, sa belle-mère, l'instigatrice et moi.


    Moi : Je le sens pas ! Je vous dis que c'est mal barré, hier ils se sont battus comme des idiots parce qu'ils nous sous-estiment, mais je vous préviens .... Je ne mourrais pas pour une guerre qui n'est pas la mienne !

    Belle-mère : Erin ! Tu peux partir si tu veux, personne ne t'en voudra ...

    Moi : C'est pas la question ! J't'ai promis mon aide et je tiendrais parole, mais j'ai un autre projet, plus vaste, plus grandiose, et j'y renoncerais pas pour quelques imbéciles qui se terrent dans leur cahutes !

    P'tite fleur : Arrête ! Tu vas nous porter la poisse !

    Moi : Rien n'est jamais du au hasard p'tite fleur, faut pas compter que sur la chance.

    Instigatrice : Bah moi je suis blessée ... je peux même plus vous aider ...


Et la discussion avait duré un moment, mais je m’étais vite échappée dans mes réflexions internes, mon instinct criait comme à chaque fois que le danger était réel et bien présent, un vrai danger de mort.

Quelques heures plus tard, même lieu que la veille.

La bataille faisait rage. Nous n'avions pas remonté nos effectifs mais eux, si ! J'avais laissé tomber l’idée de porter un bouclier, j'avais besoin de mes deux mains pour Chantebrume afin de gagner en vitesse et en force. J'essayais de rester concentrée sur mes assaillants, ne pas entendre les cris aux alentours, ne surtout pas reconnaitre les voix des miens ...

Le type qui surgit soudain en face de moi avait une tête connue, croisé peu avant en taverne. Gabriel qu'il s'appelait, un nom d'ange pour un nobliau prétentieux ! Je n’eus pas le temps de réfléchir plus qu'il se jetait sur moi, un sourire au coin des lèvres. Il était fort le bougre, mais visiblement il ne s'attendait pas à autant de résistance de ma part.
Seuls nos regards se sondaient, nous n'avions pas dit un mot, alors que l'un comme l'autre nous cherchions à voir une faiblesse chez l'adversaire. Le combat se poursuivit un long moment, j'avais même l'impression qu'il ne finirait jamais, jusqu'à ce qu'un autre type surgisse sur mon flanc gauche.

Merde ! D'où il sortait celui là ?! Mon epee fit volteface et je parais l'attaque de mon second assaillant, je le repoussais aussi fort que je le pouvais, malgré la tension qui commençait à se faire sentir douloureusement dans mes épaules. Je ne réagis pas assez vite et je sentis la lame du dénommé Gabriel s'assener sur le haut de mon bras droit, la souffrance me fit pousser un cri et la force du coup me fit tomber à genoux, les doigts crispés sur mon epee.

C’était fini, j'attendais le coup de grâce, la tête baissée vers le sol encore sombre.


    On l’achève ?


J'imaginais l'inconnu levant son epee et me préparais au choc fatal, lorsque l'autre répondit vivement.

    Nous ne sommes pas des barbares ! Ils défendent leur cause et nous la notre. Elle est hors du coup à présent, viens !


Je laissais la tension s’échapper de mon corps, un hoquet de soulagement traversa mes lèvres et mes pensées se bousculèrent dans ma tête à la vitesse de la lumière. Il y a des choses qui vous protègent malgré vous, et j’étais soudain sure que le signe furtif aperçu hier avait veillé sur moi.
Mes fesses touchèrent le sol, je sortis ma fiole de gnôle et en versa sur la plaie puis en bu une longue gorgée, la manche de ma chemise crissa dans le vacarme diminuant et je pansais rapidement ma plaie qui saignait abondamment. Me relevant finalement, je ramassais mon épée en grimaçant ... 'tain ! Il me faudrait bien une semaine avant de pouvoir me servir de mon bras ! Enfoirés !

Les bruits de la bataille semblaient s’éloigner vers l'ouest, je tournais le regard autour de moi et cherchais des signes de vie parmi les compagnons de ma lance. Une chevelure facilement reconnaissable attira mon attention et je me précipitais vers elle.


    Selena ... Parle moi ...

    Violette ....

    Elle est sauve, avec son père ...


Je n'en savais rien à l'instant, mais le mensonge pouvait la sauver et je n’hésitais pas à l'annoncer.

    Ils sont en sécurité, ne t'en fais pas. Je vais chercher de l'aide, je reviens vite.


Je la tirais sous le couvert d'un gros arbre et lui donnais ma fiole de gnôle, histoire qu'elle tienne le coup. Puis je me dirigeais vers le cœur du champ de bataille, en direction de la seconde lance où je ne connaissais personne en dehors d'Arthus, et c'etait lui que je cherchais à présent. Je le découvris à quelques centaines de mètres de là, recroquevillé sur lui-même et je me jetais sur lui pour le retourner, marmonnant entre mes dents.

    T'as pas intérêt d’être mort ...


Je posais deux doigts sur sa jugulaire, le pouls faible se fit sentir lentement. J'inspectais rapidement l’état des blessures, une seule en fait, en travers des cotes, l’épée avait fait un rapide aller-retour, propre, net et définitif. Du sang sur son front m'indiqua qu'il avait du se cogner la tempe dans sa chute, il restait inconscient, il fallait faire vite pour le sauver, les sauver tous ... si je le pouvais, si j'en avais le temps ...
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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Mer 6 Juin - 16:32

J'avais échappé à la justice provençale, enfin c'est ce que je croyais ! Ces imbéciles se disputaient entre eux, se balançant des insultes, il fallait avouer que les bourdes du procureur étaient tellement énormes qu'il y avait de quoi hurler. Enfin moi, c'etait de rire que ça me faisait hurler. Ils en avaient oublié de m’arrêter et j'avais pris la poudre d'escampette, direction le Languedoc. J'avais bien pris un peu d'avance, même pas mal, environ cinq jours et je m’étais arrêtée à la frontière toulousaine, à Carcassonne.

Cependant au petit matin, alors que je descendais les escaliers de l'auberge où le groupe avait posé les valises pour préparer la prochaine mission, un groupe de maréchaux du Languedoc se trouvait en grande discussion avec l'aubergiste, qui soudain me désigna d'un doigt tendu. Je lui en aurais bien rendu un, disons le majeur et bien dirigé, mais je me retins. D'un rapide coup d’œil, je jaugeais les trois hommes. Hum ... J'aurais pu en venir à bout, mais ... La porte s'ouvrit et j’aperçus une demi douzaine de soldats supplémentaires attendre dehors. Un léger soupir s’échappa de mes lèvres, il aurait été stupide de me faire découper en rondelles alors que je n'avais plus aucune chance de m'en sortir.

Un sourire en coin, je finis de descendre les dernières marches et me dirigeais vers les trois soudards. Deux se précipitèrent pour m'encadrer et avant que leurs mains ne se posent sur moi, je fis une grimace dans un rictus et mes yeux virèrent à l'orage. Celui qui paraissait être le chef s'adressa alors à moi.


Evil Erin ? Vous êtes en état d'arrestation, veuillez nous suivre sans résistance ...

A son regard, je vis bien qu'un tantinet de résistance lui aurait plu, mais je préférais garder mes forces et ma patience pour plus tard. Je haussais les épaules et acquiesçais en silence.

Trois jours de prison, voila de ce que j'avais hérité avec mon statut de vagabond, pour une haute trahison de pacotille ...

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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Mer 13 Juin - 15:07

On peut imaginer que toutes les geôles du royaume se ressemblent, et ma foi c'etait pas loin d’être vrai. Cependant celles de Carcassonne, en dehors d’être sales et en piteux état, semblaient pour le moins inutilisées, peu fréquemment c'etait certain.

Poussée sans ménagement, j’intégrais la cellule désuète, où trainait une paillasse de vraie paille, à peine recouverte d'une couverture miteuse, le tout posé sur un sol pour le moins douteux ... cafards ? surement ....

Je laissais passer une petite heure, me tenant tranquille dans un coin du mur de la geôle, réfléchissant tout en observant du coin de l’œil le garde somnoler. Il m'avait laissé les bracelets, reliés par une chaine, aux bras mais je m'en fichais pour le moment. Lorsque son regard se posait sur moi, je feignais une douce tristesse de me trouver là. Puis soudain je me relevais et m'approchais de la grille.


Hum .. Siouplait ... Messire ?

J'attendis qu'il relève sa tête dodelinante vers moi pour lui balancer un sourire d'un charme presque écœurant. J'avais vite appris l'utilité de certaines mimiques chez les garces, et visiblement tous les mâles tombaient allègrement dans le piège.

S'cusez moi ... Je ... pourrais ... Une envie pressante ... et pressée !

Je posais une main sur le bas de mon ventre, explication suffisante même pour le pire des abrutis. Il s'approcha, tout souriant, une femme désarmée et les mains enchainées entre elles, aucun danger. Lorsqu'il ouvrit la grille, je le suivis docilement jusqu'au lieu qui servait de latrines, dans une petite cour interne. Faisant mine de défaire mes braies, avec difficulté à cause de mes mains liées, je lui demandais gentiment de l'aide.

Dites ... Pourriez m'aider à défaire cette maudite corde ? Pas facile avec vos bracelets ...

Viens mon petit, viens, approche et tu comprendras ta douleur. Ce qu'il fit, l’imbécile, sur de lui, il se pencha sur mes braies, moi levant les bras pour lui dégager une visibilité parfaite. Lorsque je sentis ses mains s'activer sur le nœud que j'avais pris soin de resserrer, mes bras retombèrent lourdement sur sa nuque, en un éclair la chaine fit le tour de sa gorge et je me mis à serrer de toutes mes forces. Ne s'attendant pas à ça, le garde réagît trop tard, bien trop tard, et tout ce qu'il fit ne fut que porter ses mains à sa gorge pour tenter de se soustraire à la morsure de la chaine qui l’étranglait.
Lorsque son souffle s’éteignît, je laissais retomber le corps au sol, sans y jeter un seul regard, puis me précipitais de nouveau à l’intérieur du bâtiment pour me diriger vers la porte de sortie, récupérant mon arme au passage.

J’étais libre, une nouvelle fois assassin, mais peu m'importait la mort de l'inconnu, mes pensées se tournèrent immédiatement vers la mission et je sortis de la ville en prenant la direction de la foret. J'arriverais bien après les deux hommes, les mains enchainées, mais je serais là, plus vivante que jamais ....

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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Mer 20 Juin - 11:28

Je déteste ce type ! Je déteste ce genre de type.
Faux de la tête aux pieds, sa langue de serpent qui hypnotisait les donzelles sans cervelle me laissait de marbre. Je lui avais dit de ne pas m'adresser la parole, ça n'avait tenu qu'un temps. La dernière approche s’était terminée par mon épée dans son flan, juste sous les cotes.
Je n'arrivais toujours pas à comprendre ce que ces abrutis du sexe mâle pouvaient apprécier à me faire perdre patience jusqu'à ce que je les frappe ... Complétement dérangés !

Bref ... Revenons en, pour l'instant, à nos moutons ... ou plutôt de nos bracelets fermement ancrés à mes poignets et dont le métal rongé et rouillé commençait à attaquer ma peau.

Ça faisait donc deux jours que j'avais fui de la prison, deux jours que je tournais en ville sans trouver un forgeron, aussi incroyable que cela puisse paraitre. Par chance, j'avais passé la première nuit aux aguets et j'en avais profité pour briser un maillon de la chaine à coup de pierre. Bon, mes bras ensanglantes ne ressemblaient plus a rien mais au moins je pouvais me boucher les oreilles sans risquer l’étranglement, deux bouts de chaine pendouillant à mes bras.

J'avais finalement atterrit dans une taverne, buvant tranquillement un verre ou deux avec des amis, cherchant à me renseigner discrètement sur la possibilité de me faire retirer mes "bijoux", lorsque soudain un homme fit irruption. Une tête pas inconnue, un nom qui avait fait du chemin, et pas l'envie de le saluer. C'est alors qu'il se mit à divaguer, nous traitant de brigands, comme si on avait des faciès de brigands, non mais ! L’échange se poursuivit en vidage de cave en bonne et due forme, nous finîmes tous ivres et incapables d'aller vaquer à nos taches de reconnaissance. Je laissais là les hommes et me faufilais, titubante, hors de la ville pour rejoindre un feu de camp loin de l'agitation.

Un peu d'air frais, voila ce qu'il me fallait, et ces putains de bracelets qui continuaient de me lacérer les chairs ...


Bonsoir !

Et merrde ! Je pouvais jamais être tranquille ! C'est là qu'entrait en scène l’espèce de faux cul à langue de serpent que j'avais découpé en deux !
Non ! J'avais pas envie de lui faire la discussion ! Non ! J'en avais rien à foutre du pourquoi et du comment, de ce que sa patronne pensait de moi, rien à cirer de leur petite vie !


Tu sais ... Je pourrais les enlever ces bracelets ...

Ah ouais ! Et pourquoi tu ferais ça ? J'te rappelle qu'il y a quelques jours, j't'ai passé ma lame à travers les cotes !

Sans un mot, il avait alors récupéré dans les fontes de sa monture, un marteau et un fin burin. J'avais plissé les yeux, rien ne s'obtenait gratuitement et il était hors de question que je lui doive quelque chose à ce con ! Mais apparemment, il avait décidé d'agir en bon samaritain, je l'ai deja dit, il est con ...

Je posais mon premier bras sur un rondin, sans le lâcher des yeux, un regard froid et dur.


Je te préviens ... Une seule éraflure et j'te tue !

Pas que mes poignets en étaient à ça près, mais c'etait pour la forme. Un sourire avait effleuré ses lèvres, et il s’était mis au travail. Un coup sec avait ouvert le premier bracelet dont je me défaisais rapidement. Je massais lentement ma peau abimée avant de poser l'autre bras sur le tronc. Son souffle s’était accéléré, il ne semblait plus si sur de lui. Je continuais de le fixer et attendis ... Le second coup fut moins franc, il dérapa légèrement mais l'homme dévia le burin qui ricocha sur le bois. Une legere grimace, non pas de douleur, mais un rictus s'inscrivit sur mon visage. Il lâcha ses outils et finit d'ouvrir le bracelet en tirant sur les deux bords puis le jeta au loin.

Me massant à nouveau, je me relevais, marmonnant entre mes dents.


Bien ... M'rci ... Mais ça ne change rien entre nous ...

Je lui jetais un dernier regard, puis repartais finalement en direction de la ville, entendant derrière moi un léger "au revoir Erin" qui me fit hausser les épaules.

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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Mer 20 Juin - 11:34

douleur, douleur, douleur,
vivre de cette affliction
de cet état de désolation

douleur, douleur, douleur,
quand dans l’élancement
nous arrête le déchirement

je souffre donc je vis encore
je souffre loin de la mort

douleur, douleur, douleur,
quelle est la pire blessure
du dédain ou de la brulure

douleur, douleur, douleur,
ma souffrance, une ile déserte
mon tourment, juste une perte

je me mutile pour voir mon sang
je me mutile car ça, je le sens

douleur, douleur, douleur,
lorsque l'amertume tiraille
foncer au cœur de la bataille

douleur, douleur, douleur,
tu ne laisses que dépression
ma vie devenue ma prison

je disparais dans ma solitude
je disparais par habitude

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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Lun 2 Juil - 8:55

C'était le début de l'après-midi, un jour de juillet. Un après-midi où il faisait beau, et chaud mais pas trop, un après-midi agréable et idéal. J'avais conduit ma fille au bord de la rivière et nous y avions pique-niquer. Grignotage entrecoupé de jeux, de poursuites, de cris et de mines boudeuses. Pas facile d'être enfant mais guère plus d'être mère ....
Elle avait finalement fini par s'endormir sur la couverture, ses petits poings fermés, son corps se détendait lentement au rythme de sa respiration. Je lui jetais un coup d'œil avant de m'approcher de l'eau. J'y plongeais mes mains pour les nettoyer puis m'aspergeais les avant-bras et le visage pour me rafraichir. Je regardais un instant mon reflet dans le miroir de l'eau, cette image qu'il renvoyait me semblait parfois inconnue. Il avait fait de moi une femme, puis une mère, mais pour quoi en fin de compte ... J'avais du mal à comprendre la finalité de tout cela.


    Pendant ce temps, un peu plus loin dans la foret, un homme est allongé au pied d'un arbre. Il semble dormir, sa capuche rabattue sur sa tête ....


Je reviens m'adosser a l'arbre, près de ma fille, celle qui est devenue mon seul point de repère dans ce monde qui ne m'intéresse pas vraiment. Après avoir rangé vite fait les restes du repas improvisé, je passe une main sur le front de l'enfant, puis un long soupir s'échappe de mes lèvres et je ramasse ma dague restée près de ma besace.
Relevant légèrement le bord de la manche courte de ma chemise, je défais le bandage qui se trouve sur mon bras gauche et le pose sur mes genoux. Depuis quelques jours, régulièrement, j'entretiens de petites scarifications sur mon bras, qui ne sont pour le moment que trois lignes horizontales.
Après m'être assurée que la cicatrisation est bien empêchée, je remet le pansement sans le serrer sur les petites plaies sanguinolentes. Je sens ma fille près de moi qui s'éveille et je glisse rapidement ma dague dans son étui, je lui grimace un vague sourire alors que le petit corps se tend vers moi en répétant
"mamamama". Je l'attrape contre moi avec un plaisir évident, seules ici, à l'abri des regards qui jugent, je me sens bien avec elle.

    L'homme entend la voix de la petite et s'approche .... Il les regarde un instant de loin ....


Les jeux commencent ! Les enfants n'en ont jamais assez et j'apprends ce qu'elle veut bien me montrer. Faisant semblant de mordre ses petites mains qui veulent agripper mes longs cheveux, Eileen éclate de rire à chaque nouvelle tentative. Le rire d'un enfant, sans mensonge, sans fard, en toute sincérité.

    Il sourit d'entendre et de voir le rire de la petite mais le bandage sur le haut du bras de la mère attire son attention .... Était-ce encore des blessures qu'elle s'ajoutait pour le culpabiliser et le rendre encore plus monstrueux aux yeux de tous ? Ou s'était-elle encore battue ?


"Mamener" répète Eileen. Ça c'est le signe qu'il faut bouger. Je remets mon epee dans mon dos , mon sac en bandoulière puis je tente d'arracher la petite à la poursuite d'une fourmi sur le tronc de l'arbre. D'une pichenette, j'envoie valser l'insecte et la petite se met aussitôt à bouder, une colère enfantine faisant briller ses yeux sombres.

On y va Eileen !

Mon ton se veut ferme, ma voix se fait basse, je ne veux pas qu'elle devienne capricieuse, il faut qu'elle sache obéir, un jour sa survie pourrait en dépendre.

    L'homme est là, non loin, dans l'ombre du bois et il observe, sans intervenir.


La petite se laisse alors tomber sur les fesses, plus vraiment décidée à bouger. C'est au tour de la colère maternelle de se réveiller, je l'attrape à bras le corps et me la colle sous un bras puis fais quelques pas. La petite gigote pour descendre, je la prends à deux mains et la mets en l'air en face de moi. Les regards s'affrontent, mais si celui d'Eileen est aussi sombre que celui de son père, il sait se radoucir en regardant sa mère, et je sens ma colère retomber.

Tu veux marcher, c'est ca ....

    Longeant l'orée de la foret, il suit discrètement sur les quelques mètres qu'elles franchissent. L'occasion de voir comment Erin s'occupait de sa fille, et l'amour qu'elle lui portait. Il sourit légèrement en les suivant toujours du regard ....


Je dépose ma petite morveuse à terre et aussitôt elle s'accroche à ma jambe.

Pfff ... Va falloir que tu te débrouilles, c'est pas possible comme ca ....

Réfléchissant une minute, je sors de ma besace une cordelette qui me sert de ceinture, l'attache autour de la poitrine de l'enfant et la tiens un peu comme en laisse. Eileen me regarde et essaie d'attraper le bout de la corde, chute, se relève et recommence en répétant "veu veu veu".

Rhaaa ... Tu comprends rien ... Bien la fille de ton père ...

Je souris en coin, me disant que si il était là, il pesterait encore contre moi.

    Un petit caillou ramassé, et le voila qui vole jusqu'à la tête d'Erin, avant que l'homme ne se re cache dans l'ombre, amusé ....


Une drôle de sensation me surprend, quelque chose m'est tombé sur la tête et, par réflexe, je remonte les yeux vers l'arbre le plus proche, puis je plisse les yeux et lance un coup d'œil circulaire sur les environs. Mes mains lâche la corde et Eileen fait trois, quatre pas seule avant de tomber sur les fesses, je passe alors mes doigts dans mes cheveux, murmurant un "bizarre" sceptique.
Finalement, je rattrape ma fille, lui enlève la corde que je laisse tomber au sol et re jette un coup d'œil alentours, mon esprit à présent sur le qui-vive. Eileen, pleine de vie, attire de nouveau mon attention. Je la remet debout, recule un peu et lui tends les bras en souriant.


Aller ! Tu peux le faire ! Tu es ma fille, tu peux tout faire !! Avance !

    L'homme s'approche un peu plus, encore, toujours aussi silencieux, presque à découvert il s'adosse contre un arbre ....


Je laisse la petite s'élancer puis je recule traitreusement d'un pas en continuant de lui sourire.

Aller ! Viens voir maman !

    L'ombre se faufile derrière Erin sans bruit, remettant sa capuche sur sa tête pour ne pas se faire reconnaitre, un sourire au coin des lèvres, puis il l'attrape par l'arrière, utilisant une clé au niveau du cou, petite technique qu'il avait appris à l'armée .... immobiliser quelqu'un sans lui faire mal.


A suivre ....
[RP en deux parties et écrit en duo]

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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Lun 2 Juil - 11:37

[Suite]

Attentive aux progrès de ma fille, je vois soudain l'expression de son visage se modifier légèrement, son regard est détourné de moi et, avant que je ne puisse réagir, à peine ais-je le temps de me redresser un peu, que je me retrouve avec un bras autour de ma gorge.
La colère gronde en moi, comment n'ai-je pu sentir le danger ... Mon regard se baisse sur l'enfant : hors de question qu'on lui fasse un quelconque mal ! De toutes mes forces, je fracasse un grand coup de botte sur le pied de mon agresseur, au moins détourner son attention, et simultanément je lui envoie un coup de coude dans les cotes, tentant ainsi de me dégager coute que coute. Eileen commence à bouder et n'est pas loin de se mettre à pleurer.


    L'homme est relativement fort dans sa position, il résiste aux puissants coups qu'elle lui inflige en poussant quelques grognements puis il se défend en la balançant au sol, plaquée sur le ventre pour la priver de l'utilisation de ses mains très dangereuses ...

    Erin ... Tu ne devrais pas t'aventurer comme ca dans la nature en compagnie d'Eileen ...

    Lui tenant toujours les mains, il joint les deux poignets et commence à les attacher à l'aide de cette petite corde qui trainait toujours au sol.


Cette voix ! Ce ton à la fois doucereux et provoquant, cette façon de prononcer mon nom, cette arrogance qui fait soudain bouillir mon sang.

Toi !!! Lâche moi !!

Et de me débattre de plus belle alors qu'il resserre le lien. Et un dialogue qui s'installe ... Enfin semblant de dialogue entre deux êtres qui ne savent plus très bien si ils s'aiment ou se haïssent.

    Oh non ... Pas avant que tu te sois calmée ...


Me calmer ? Me calmer ?? Non mais il rêvait lui, avec ses manières de brute.

Ne me fait pas ca, tu sais parfaitement que ca ne me calmera pas !!
Je ne veux pas que tu lui fasses du mal ! J'te tuerais, je le jure !!!


    Tu penses que je ferais ca, chérie ?


Je ne sais pas de quoi tu es capable ... Parfois je me dis que le pire te passe par la tête ... comme quand tu me fais mal à moi aussi ...

    Garret pose la main sur le bras bandé.

    Et ca, c'est quoi ?!! C'est moi qui te l'ai fait peut-être ?


Je tourne la tête vers le morceau de tissu puis tente de reporter mon regard sur lui.

Rien ... Une égratignure ... lâche moi ... s'il te plait ...

Y mettre les formes, gagner du temps, se libérer, voila l'objectif.

    Une égratignure hein ? ... Et d'appuyer sur la plaie.


Je serre des dents et grimace en sentant la brulure.

Je me suis fait mal ... contre un arbre ... au feu de camp.

    Il émet un bref "hum", puis il la soulève et l'accompagne jusqu'au pied de l'arbre le plus proche.

    Un arbre au camp, tu dis ...


Je me débat de plus belle, les mains dans le dos, la sienne qui me maintient. Mon regard cherche Eileen qui "chouine" sans trop comprendre ce qu'il se passe.

Arrête bon sang !! ... Ouais .. J'ai couru et je me suis cognée contre un tronc ...

    Tu es en train d'insulter mon intelligence ...


Je lève un sourcil mais retiens le commentaire qui me brule les lèvres.

    Je t'ai vu bander la plaie, ici, en compagnie d'Eileen, le sang était encore frais.


Je serre des dents et des poings, je me dégage de lui d'un mouvement d'épaule et me recule de deux pas avant de revenir à la charge, le souvenir encore cuisant sur ma pommette bleutée.

Qu'est ce que ca peut te faire mes égratignures ? Toi tu m'amoches bien la figure !

    Tu me remets toujours la faute sur le dos !


Non, là c'est la faute de l'arbre ! Mais ma joue, je ne suis pas tombée dans l'escalier hein !!

    D'un bond, il est près d'elle et la force à s'asseoir au sol.

    Le problème avec toi, Erin ... C'est de savoir te calmer.


Je jette toujours des regards à ma fille qui semble suivre l'explication houleuse de ses parents, puis mes yeux se posent sur la bouche de Garret et je frémis au désir de l'embrasser, je me force alors à détourner mon regard de lui. Mes genoux repliés contre moi, j'attends le bon moment.

Pourquoi tu fais tout pour me mettre en colère ?

    Je voulais juste te tester.
    Imagine si ce n'était pas moi ... Si c'était de vrais méchants bonshommes ... Que feraient-ils à Eileen ? Et à ton joli p'tit cul ?


    Imageant ses propos, il lui donne une petite tape en dessous de la cuisse.


Je le foudroie du regard.

Tsss ... Si tu étais avec nous, nous serions deux à la protéger !

    Garret se déplace et s'approche de la petite, il la prend contre lui avant de l'embrasser partout sur le visage.

    Oui ... Mais tu es trop peu supportable, tu sais ?


Non ! C'est faux !

Maintenant ! Je profite de son éloignement pour passer mes bras sous mes genoux et les ramener à l'avant, je chope ma dague à ma hanche et la pose entre mes pieds pour couper la cordelette. Je récupère ma dague et la range à sa place, me lève et me secoue, déliant enfin mes poignets.

Je suis parfaitement supportable ! Il suffirait que tu ouvres les yeux pour t'en rendre compte !

M'approchant lentement d'eux, je les observe, je remarque combien ma fille apprécie la présence de son père. Jusqu'à ce qu'à nouveau il brise le charme de l'instant et me mette en rogne ... encore.

    On est bien tous les deux ... sans toi ...


Poussée par la rage qui m'envahit, je me jette sur lui et lui arrache la petite des mains.

Jamais !!! Jamais, tu m'entends !!!

Nous sommes une famille, à toi de l'accepter !


Je hais ce sourire indéchiffrable qu'il affiche alors, je le déteste à cette seconde.

Je l'ai portée seule, mise au monde seule et élevée toute sa première année seule ... Tu n'étais pas là !!

Ma fille serrée contre moi, je recule.

    Garret se retourne et reprend le chemin, lançant d'un ton désintéressé.

    On se voit plus tard ... Peut-être.


Ma respiration reprend un cours plus lent, je caresse les cheveux de ma fille que je berce doucement contre moi et lui pose un baiser sur la tête.
Je me détourne de lui, qui ne sait que me faire du mal. Ma fille est devenue plus importante que tout pour moi et jamais, jamais je ne le laisserais lui faire du mal.

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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Ven 24 Aoû - 2:18

Le loup était parti en chasse, les crocs frémissants sous le désir de mordre, de se planter dans la chair fraiche d'une proie, l'animal était au mieux de sa forme et quelques jours à parcourir les forets ne l'effrayaient pas.
Il avait pourtant décidé de s'attaquer à un gibier particulier, malin, bien que pas très intelligent, mais guidé par un instinct qui lui était propre et qu'il était parfois difficile de contourner. Un gibier qui avait un gout très prononcé, celui de la chair humaine.

Non, notre chasseur n'était pas spécialement attiré par l'humanité mais cet homme là l'avait chassé, traqué, affaibli plusieurs jours durant, le loup avait bien cru sa dernière heure venue mais il avait été rusé comme son acolyte le renard et avait su s'extirper du piège tendu par l'homme. Aujourd'hui c'était son tour, le gibier devenait le chasseur et l'humain était sa proie.

Après avoir marché presque sans arrêt pendant trois jours, se nourrissant d'un garenne au détour d'une clairière et buvant l'eau fraiche des ruisseaux forestiers, il pensait avoir perdu la trace de sa cible.
Cette nuit là, grimpé sur la plus haute colline qu'il avait pu trouver, il avait lancé un appel au clair de lune, une longue plainte modulée dans son langage, il demandait l'aide de la meute.
Ce fut une toute jeune femelle qui répondit, agile et gracieuse mais tout aussi mordante que son dominant, la louve vint se poster à quelques mètres de lui, attendant l'approbation du mâle. Puis le signe perçu, elle vint s'aplatir à ses pieds, le museau du chasseur vint la sentir, puis la lécher. Elle se redressa et les museaux entamèrent la danse de la reconnaissance, accompagnée de petits cris, des jappements et des plaintes, c'était leur façon de communiquer.

En quelques sons, il lui expliqua la situation. L'homme risquait de lui échapper, il fallait qu'elle le prenne à revers, sa grâce et son corps fuselé la prédestinaient à cette longue course effrénée. Après un dernier coup de langue et un jappement ferme et distinct, la jeune louve se mit en route, allongeant ses longues pattes dans l'herbe, semblant frôler à peine le sol, ce n'était plus qu'une toison brune qui voletait entre les arbres.
Le chasseur se remit également en route, avec plus d'entrain encore, et de la hargne à revendre, sa vengeance touchait à son but, et lorsqu'il planterait ses crocs dans la gorge de l'homme ... il ne relâcherait plus avant que le gout du sang l'envahisse et que le souffle de la proie ait disparu.

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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Sam 25 Aoû - 6:59

Ils y étaient ! Le dominant sur ses talons et la jeune louve de front. L'homme continuait son chemin, presque inconscient du danger qui rodait partout autour de lui. Pourtant, le dominant ne se cachait pas, il n'avait plus rien à craindre dans la vie, il ne comptait plus les luttes, mais les humains étaient tellement sur d'eux, ils se croyaient toujours si invisibles ...

L'aube n'était pas encore là, le pelage brun de la louve se confondait dans l'ombre de la foret, allongée au sol, attentive au moindre son des bois, au moindre mouvement de feuille, son odorat en alerte, il arrivait, elle était prête.

D'un bond souple et agile, sans un bruit, elle se posta devant lui, les babines retroussées sur les crocs. Elle ne connait pas l'hésitation et d'un second bond, elle est sur lui, le jette à terre, le délestant de ses affaires où pourrait trainer une arme.
Le maintenant au sol, il est à elle, sa proie, celui qui s'était toujours cru le plus malin se trouvait mis à mal par une jeunette. Elle pressait lentement ses crocs contre sa gorge, attendant un signe, un seul pour l'achever.

Le dominant n'était pas loin. Il avait suivi avec intérêt le combat ... enfin, l'attaque parfaite de sa congénère. Et comme le jour se levait, le loup au pelage clair prit forme humaine, puis s'approcha lentement pour que l'homme comprenne son erreur.
Garret, puisque c'était lui, pouvait lire dans les yeux verts encore striés de rouges de celle qui était à moitié loup que sa vengeance ne faisait que commencer. Tôt ou tard, les souffrances qu'elle lui infligerait finiraient par le tuer et ce jour là, il verrait un sourire de joie se peindre sur son visage.
La jeune louve avait relâché sa pression sur un mouvement de tête du Démon. Elle poussa un long hurlement pour saluer sa victoire et disparu dans le bois avant que le jour ne lui redonne son apparence de jeune fille.

Evil salua l'homme au sol de deux doigts frappés sur sa tempe et s'en retourna sans un mot. Beaucoup d'autres choses demandaient son attention, sa présence et le corps svelte disparu rapidement dans les bois, ombre parmi les ombres, le loup des Crocs Rouges avait retrouvé sa place.

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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Lun 3 Sep - 11:24

La forteresse ... Imposante et protectrice, sombre d'une sérénité qui prenait racine dans le cœur du bois qui l'entourait, la place était l'endroit parfait pour notre nouvelle vie.
Eileen était fatiguée, ces dernières semaines trop d'évènements avaient bouleverses sa petite vie tranquille de tout jeune enfant et la "disparition" de son père n'était pas un des moindres. Il faudrait qu'elle s'y habitue, mais pour cela je savais que j'allais devoir être encore plus présente, pendant un certain temps. Il fallait que la confiance entre mère et fille prenne racine maintenant, une confiance sans faille, une complicité sans borne, nous allions devoir compter l'une sur l'autre pour le reste de notre vie, juste elle et moi.

Depuis l'apparition de peurs nocturnes, j'avais pris l'habitude de lui chanter quelques mots, lorsque nous étions dans l'obscurité de notre chambre, serrées l'une contre l'autre. Ma voix semblait être devenue le seul moyen de la consoler et de la rendormir. Un jour, il faudrait qu'elle combatte ses peurs .... Un jour ....


    Ca n'a pas de sens que tu t'inquiètes
    Ca n'a pas de sens que tu t'attristes
    A ce moment, je ne suis nul part
    Près de toi je viens de loin
    Plus près de toi ...

    Cote à cote notre amour nous emmène
    Il nous lie les mains et nous tient solidement
    Cote à cote le temps roule,
    Les étoiles s'abaissent et la nuit parle.
    Pour tout cote à cote
    Il nous veut, nous emmène.
    Cote à cote
    De t'avoir ca compte

    Ca n'a pas de sens que tu t'inquiètes
    Aucun problème à ne pas penser
    D'ici peu la solitude manquera
    Près de toi je viens de loin
    Plus près de toi ...


Traduction de la chanson de M. Xatzigiannis

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Re: Evil Erin, qu'on ne présente plus ...

Message  evil erin le Ven 28 Sep - 6:51

La route s'achevait, demain je serais dans cette ville qui était devenue mon but depuis un certain temps. Pourquoi ? Non plus de question, j'avais toutes les réponses, je les avais depuis le début mais j'avais trop cherché à ce qu'elles correspondent à la "norme" et il m'avait alors fallu les chercher longtemps, trop longtemps.
Les mots se bousculaient en moi tout le long de ce chemin et se jetaient en vrac dans ma tête, je les enregistrais, me promettant de les mettre en ordre plus tard.


    Ca passera, je le sais, ca passera,
    Cette nuit où les diables m'ont pris

    Mais j'ai peur que si ce soir je ne te vois pas,
    Je viendrai et je ferai quelque folie

    Elle rira, je le sais, elle rira,
    Mon âme, un jour certain, elle rira.

    Et ce sera ce jour là où tu viendras
    Telle une chanson oubliée, tu me trouvera.

    Tu ne me crois pas toujours,
    Tu ne me laisses pas souffrir.
    Te montrer combien je t'aime
    Je ne te donne pas assez de moi-même.
    Et je t'ai, comme un dieu,
    Où que j'aille, je t'emporte avec moi.


Je t'aime. Et c'est à ce moment que je remarquais la pluie. Les premières gouttes passèrent difficilement la barrière des branchages et je ne les sentis pas, puis quand le premier éclair zébra le ciel, ce fut comme s'il m'appelait : "l'Étincelante" ! Le coup de tonnerre qui suivit me fit relever la tête vers les cieux colériques et l'onde s'abattit sur moi. Mes yeux se couchèrent sous l'ordre grondant, et je restais là, levant mes bras en prière muette, la pluie ruisselant sur mon visage.

Mes mâchoires se crispèrent, la pensée que je ne savais pas ce que je trouverais au bout de cette route ne me lâchait pas depuis le départ, et je rouvris les yeux sous la pluie battante.
Une bataille s'engagea, mes yeux aussi assombris que les nuages opposèrent leur colère à celle divine. Oui ... J'avais le courage de me battre contre les éléments suprêmes !

Les bras toujours tendus vers le ciel, je me mis à hurler.


Rend moi !! Rend moi à moi-même !!

Prière inutile puisque même les cieux n'arrivaient pas à détourner mon destin, et ce destin était là ... Devant moi.
Je tombais à genoux sur le sentier caillouteux, la pluie de larmes se fit plus tiède, plus salée, plus tendre, et je retint un sanglot. Les mains à plat dans la boue qui se formait sur le sol, je restais là un long moment, jusqu'à ce que les torrents émotionnels se calment, que l'orage passe et qu'il ait rechargé ma force.

Demain ... Je suis ton avenir et tu es le mien ...

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